Chloé Kelly Miller

Biographie Chloé Kelly Miller
Née en 1995 à Rouen, Chloé Kelly Miller vit et travaille à Paris. Sa pratique artistique débute parallèlement à ses études universitaires en psychologie. Diplômée psychologue en 2019, Chloé décide de se consacrer entièrement à sa recherche créative. À la fois peintre, sculptrice, photographe et performeuse, Chloé s’intéresse aussi à la psychanalyse, et plus particulièrement au langage, à la sémiotique ainsi qu’à l’exploration des mécanismes de l’inconscient.
Le portrait occupe une place centrale dans son oeuvre, où elle cherche à révéler et à explorer les aspects cachés de l’identité, du corps et de la psyché. Ses créations sont souvent spontanées et éruptives, capturant des images et des sensations latentes liées à l’expérience de soi et de l’altérité. À travers ses oeuvres, elle interroge les notions d’identité, de genre, de minorité, de représentation et de la manière dont elles sont construites et perçues.
Au fil des années, l’artiste acquiert une reconnaissance en France et à l’international. En juin 2022, elle inaugure son premier solo show international à Bangkok, en Thaïlande, à seulement 27 ans. En 2024, Chloé réalise une exposition monumentale au Carrousel du Louvre, en collaboration avec dix poétesses de diverses langues et nationalités.
De Paris à Marseille, en passant par Mexico, Milan et Bangkok, l’oeuvre de Chloé Kelly Miller transcende les frontières géographiques et linguistiques, offrant une réflexion profonde sur la complexité de l’âme humaine et de l’expression artistique.
Fragments de fleurs, de corps et d’âmes, entre la nature florale et la nature humaine il ne subsiste aucune différence. C’est ce que Chloé Kelly Miller cherche à interroger à travers de ses bouquets aux multiples facettes. Composés de matériaux riches et de couleurs variées, ces bouquets se montrent aussi en monochromes noirs, tout autant lumineux. Le travail des ombres en clair-obscur attrape le regard et pique notre curiosité. Chaque bouquet questionne et trouble dans un singulier mystère équilibré.
Le travail du bouquet, ou de la nature morte, est évident pour les jeunes artistes en quête d’une amélioration technique. Cela n’échappe pas à l’artiste qui évoque en 2021 la volonté d’en apprendre davantage sur le travail de profondeur, de texture et de couleur. Ce travail s’est donc voulu transitif. Le travail du bouquet de l’artiste dégage une évolution dans sa technique de peinture tout en continuité avec son travail du figuratif. Cette recherche s’inscrit donc dans une oeuvre globale. Ainsi, au milieu des fleurs et des feuilles, nous pouvons distinguer des morceaux de corps : des jambes, des bras, des mains entre autres.
Fenêtre florale donc, parenthèse enchantée et enchantante, parfois brute et énigmatique, souvent poétique et pleine de douceur, les bouquets de Chloé Kelly Miller sont une invitation, pour ceux qui les contemplent, au voyage et à l’introspection.
Inscrite dans la continuité de sa première série de peinture « Dépersonnalisation » créée en 2019, Chloé Kelly Miller RE-personnalise, étire ce premier travail plastique brut. Telle une photographie découpée, les tableaux s’assemblent entre eux et sont encadrés, sculptés sur mesure par l’artiste.
Peinture et pastel à l’huile, peinture acrylique et bombes aérosols sont les matériaux privilégiés par l’artiste pour ses compositions. De l’enduit est également utilisé pour rendre certaines parties de l’oeuvre plus organiques.
Des peintures aux multiples surfaces, pouvant aller jusqu’à plus de 6 toiles pour certaines, Chloé les assemble comme une mosaïque qui noue ensemble le passé, le présent et le futur ; le symbolique, l’imaginaire et le Réel. Fragments de temporalités et d’espaces, ces tableaux assemblés forment en définitive une seule et unique oeuvre.
Epiphanie visuelle et protéiforme, les différentes techniques et matériaux façonnent des âmes en morceaux. Par eux, l’artiste témoigne d’une réflexion personnelle sur la psyché et son rapport au corps, mais également aux pulsions et à leur sublimation. Chloé Kelly Miller étaye sa recherche avec ses lectures en psychanalyse et en philosophie et plus largement, de la fiction, pour illustrer l’histoire des Hommes et de son époque.
L’objet est solide, présente une unité et est fabriqué par l’Homme.
Il se perçoit au moins par un de nos sens et est destiné à un but. La chaise, le pot de fleur ou le livre, autant d’objets façonnés avec attention pour combler le manque de l’être humain. L’objet, en psychanalyse, est polysémique. S’il peut être total, partiel ou encore narcissique, au-devant de notre perception, il existe aussi en tant qu’agent qui cause le désir.
Chloé Kelly Miller fait le choix de nommer cette série objet partiel. En parallèle de sa série « Re personnalisation », l’artiste met en scène divers objets qu’elle travaille de la même manière. Plusieurs toiles comme support, des encadrements réalisés sur mesure présentent des objets à la fois unis et découpés, peints de manière brutes ou minimalistes. Par partiel, l’artiste interroge notre perception de l’objet et de notre investissement subjectif.
Elle questionne la fonction de l’objet pour l’Homme et nous renvoie ainsi à notre propre manque d’objet constitutif du désir.
Chloé Kelly Miller commence à sculpter la pierre en décembre 2022. Autodidacte, elle apprend à travailler le volume à partir de la pierre tendre avant de passer à des matériaux plus nobles, comme le granit ou la pierre de Normandie.
Le travail plastique à partir de ce support s’inscrit dans la continuité de sa recherche. L’artiste utilise la pierre, sa texture et son relief, pour interroger le corps et ses fonctions : le corps perçu par soi, organique et reflet du vivant et le corps perçu par l’autre, le corps support d’un discours, au carrefour des êtres et de leur subjectivité.
Pour enrichir son travail, l’artiste s’est entourée de sculpteurs.ices et d’artisans.es aux parcours et aux savoirs variés. Cette richesse inspirante lui a permis d’approfondir sa création, de puiser des signes dans les pierres et faire apparaître le corps de son discours engagé et engageant.
